Poésie ?

Dimanche 19 novembre 2006
Ô sombres rêves, ô sombre gloire
Depuis des années si prestement passées
Je lève mes yeux clairs dans la douceur du soir
J'y laisse mon empreinte, j'y laisse ma pensée

Mélancolique vertu que celle d'aimer vivre
Puisqu'aux vaines rancoeurs plutôt qu'à l'aventure
Dédicace éperdue que l'horizon délivre
Au petit garçon libre qui tutoie limposture

Il n'est pas ainsi qu'on doit vivre ici bas
Le temps se perd aussi, maintenant et pourtant
On tente à le nommer, à compter sur ses doigts
Que déjà il n'est plus qu'un murmure impotent

Alors, les yeux baissés vers la terre nouricière
Le petit garçon pleure ses larmes ridicules
A la mesure de ceux qui demain comme hier
Riche du temps perdu, se baissent, et capitulent

Par Glorfindel
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Dimanche 19 novembre 2006
Elle a surpris mon quotidien comme un murmure
Viendrait d'ailleurs troubler ma vie,
Mes habitudes, ma symphonie.
Elle m'affranchit des clés, des lois, et des mesures
Qui ont bercées toutes mes colères
Qui étouffaient toutes mes prières

 Aurore, aurore, je suis ton prince
Adoube moi de ton silence
Couronne moi de ta lumière
Aurore, aurore, aurore, comme je te hais
Comme j'ai pitié de ta sagesse
Et comme je souffre sans ton ivresse

Aurore, aurore, sois magnanime,
Pas de courroux, pas d'amnistie,
Car j'ai déjà perdu la vie
Aurore, aurore, éveille moi
A la détresse des âmes seules
Aux certitudes et au linceul

Elle illumine des champs d'azur plus bleus qu'hier
Elle se fait reine sans royaume
Ni dieu ni maître, ni roi n'y trône
Elle fait frémir les coeurs brisés qu'un espoir serre
Elle se défie de les faire vivre
Elle les punit, elle les délivre

A chaque jour que le soleil déclare ouvert
Je suis un peu moins rassasié,
De voir que le temps est pressé.
Je vois un feu, un fil, un cimetière
Carré de repos éternel :
"Ci gisent les anges du ciel"

Aurore, aurore, j'ai bien grandi
Je suis plus mûr désormais,
J'ai ma mémoire j'ai un secret
Aurore, aurore, aurore, comme je t'envie
Tu es la muse que je chérie
Plus belle demain qu'aujourd'hui

Aurore, aurore, anoblis moi
Fais moi le chantre des tes louanges
Allume donc mes yeux exsangues
Aurore, aurore, trinque avec moi,
A la folie des jours heureux
A la défiance des jours peureux

Elle supporte du monde entier toutes les chances
Elle les égraine en sablier
Elle dit être pour oublier
Les saisons passent, tissent l'amour et les outrances
On les voit prendre et prospérer
On pense pouvoir être épargné


Elle accompagne le dernier souffle d'un trait brillant,
Une pensée qui nous exhorte,
A ne pas trop craindre la porte
Elle combat, elle désespère, puis elle nous ment,
Et effrayée elle abandonne
L'hiver au plus froid des automnes

Aurore, aurore, tu m'as trahi
Je t'avais prise sous mon aile
Me voila blême et je chancelle
Aurore, aurore, existes-tu ?
Terne couronne, reflet de rien
Souveraineté, histoire de fin

Aurore, aurore, mon coeur est gris
Je n'ai plus l'âme du génie
Voià mon fil s'est rompu.
Aurore, aurore, recouvres moi
Je suis déchu, j'étais ton roi
"Regardez-le il a vécu"

Par Glorfindel
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