Le rêve est l’apanage de ceux qui le construisent. Laissons à ceux qui le dénigrent la frustration de n’être qu’esprit de bois dans corps de plomb, si lourd, qu’ils ne peuvent plus s’envoler vers d’impossibles ailleurs.
La jeunesse les importune.
Car cent fois elle espère, et cent fois, se prend à regarder plus loin que l’horizon des possibles, tandis que dans leurs yeux, ne brillent plus que la sentence promise.
La délivrance leur est fatale, il incombe à la dynastie de survivre à la frénésie. Et chercher vers l’horizon des rêves, c’est remettre à demain le temps du stoïcisme.

Alors,
Élevons l’esprit à l’espérance pour porter nos souhaits plus loin que ne se posent leurs regards réprobateurs, plutôt que de le confiner par peur.
Et que la jeunesse vibre, encore. Qu’elle chante, qu’elle danse, qu’elle ose parler de droit quand le devoir est à l’ordre du jour.
Qu’elle ose se soumettre au jugement de l’invective, sans d’autre ambition que d’exister pour ce qu’elle est et non pour ce que lui demande d’être.
Tissons d’improbables bannières dans les lambeaux de ciel bleu qu’il nous reste.
Hissez haut les couleurs, car la lutte commence.
Et si l’ombre ne gouverne que par la peur, en pesant de toute son institution sur le fou qui veut s’éloigner les yeux ouverts, le rêve n’en est que plus intrépide. Plutôt que de se corrompre auprès des cendres de l’Histoire, faisons rougir nos yeux aux flammes de l’espérance.
Car il brûle en nos cœurs plus d’humanité qu’il n’en coule dans les veines des princes déjà déchus. Il vous diront qu’ils ont le droit avec eux, et que seule la sainte loi a foi en leur chapelle. Eh bien qu’ils prient pour que la loi triomphe, il nous reste le blasphème. La laïcité de l’âme face au dogme du correct.
Rêvons pour ce siècle nourrisson, nourrissons l’espoir d’une acuité de cœur.
Cessons de rougir de honte, hâtons nous de rugir d’espoir.