Impertinence

Jeudi 16 novembre 2006
Une sombre ville d'Angleterre vient d'innover, et de mettre en place, en plus du traidtionnel réseau de surveillance vidéo qui s'est "démocratisé", si on peut dire, dans la plupart du pays, un système de haut parleurs. Derrière leurs écran, les agents de surveillance scrutent les citoyens, et ont la possibilité de les interpeller si ils agissent contre la bienséance.


Exemple : "eh, vous, le monsieur au pull bleu, le papier que vous venez de laisser tomber, vous le ramassez !".
La mine penaude, le monsieur au pull bleu obtempère.



Il me vient une petite réflexion. Alors que dans la plupart des nouvelles technologies, internet, télévision, c'est la couleur qui est à l'ordre du jour, avec l'abandon du noir et blanc il y a quelques années, il me semble au contraire que la couleur abandonne petit à petit le tableau de nos sociétés.


Gangrénées par l'idée du terrorisme omniprésent, les consciences s'endorment. Il faut aseptiser, lisser, homogénéiser le monde si l'on veut le rendre plus cohérent.
Garder l'illusion de la couleur, sans fondement. Comme un filtre qu'on placerait sur un objectif. Histoire de voir mieux, plus clair, étiquetter, ranger. Faire du politiquement correct une devise, du fatalisme un leitmotiv, du sourire une exception.


J'ai le coeur un peu amer de voir à quel point les libertés individuelles sont mises sur la selette par les nécessités impérieuses de vivre. Sous le poids des responsabilités, l'insoutenable légéreté de l'être s'effrite, pour ne plus ressembler qu'à un agrégat précaire de miettes même pas croustillantes.

Transparent, diaphane, tel le regard con du parvenu, tel le contentement benoit des énarques sinistres. Le poing levé pour défendre le pouvoir d'achat, comme sur cette pub infâme pour les centres leclerc qui reprennait l'iconigraphie soixante-huitarde : "oooouuuhhhhh, nous vou-lons du déo-dorant pas cher !"

La liberté, c'est de pouvoir justement se dire que le monde dans lequel on vit est risqué, de se dire que l'on a le droit de traverser en dehors des clous, de prendre la première sortie d'autoroute, si seulement on le fait en conscience. Qui, aujourd'hui, assume, en fait, les choix qu'il fait au jour le jour ?

Ils sont dictés par la sensibilité du moment, par la nécessité du court terme, par la rationalité économique, par l'idée qu'on ne peut rien y changer de toutes façons.

(Les sourires commencent à poindre sur les visages, qui regardent, l'âme charitable, le jeune homme exprimer son discours convenu. "Il en reviendra, ca lui passera.")
(Sans doute ...)


J'ai pourtant envie de colorier le monde que je vois à travers des yeux, qui, je l'avoue, ont gardé une naiveté à toute épreuve.
Vert de rage, bleu de peur ou d'envie, à l'image d'une terre qui est plus qu'un asile, qui est un berceau, un tombeau, un refuge, un sanctuaire.
Rouge de colère lorsque l'on manque la marche par dépit, rouge de haine lorsque l'on érige l'ignorance au rang de vertue fédératrice.

Noir de honte lorsque qu'on prétend pouvoir détricoter tout ca. Noir de honte devant l'insuportable arrogance de mes semblables, essaim de poussières d'étoiles dispersés dans une éternité trop grande, qui se brûlent les ailes.
Vibrant, vivant, doutant, sans cesse, remettant au lendemain les plus belles certitudes pour ne se contenter, ce jour, que de celle, délicate, qui consiste à croire que l'on existe.
Je suis ... je suis ... serais-je ?

Ouvrir les fenêtres d'une conscience comme on réveille la maison secondaire endormie par l'hiver, comme on secoue les draps d'un lit pour le faire revivre de soubresauts de plaisir.
Et rêver bordel.

Que peut-on accepter à l'aube de la "rupture" ? Que doit-on voir dans le poujadisme ambiant qui tend, simplement, à nous dire ceci : "on s'occupe de tout, ne vous inquiétez pas."
La salle du jeu de paume reste ostensiblement close. Les gonds des portes sont rouillés, de toute facon. "On en reviendra, de ces conneries. Ca nous passera."


Alors, oui, c'est facile. Et je l'assume, avec ses défauts, ce que je viens d'écrire n'a finalement ni queue ni tête.
Un jour, j'ordonnerai tout ça, en construisant un propos clair, carré, où l'argumentaire va dans une seule et même direction. Un jour, je dirai vraiment ce que j'en pense, quand la situation le permettra.
Un jour, je serai raisonablement assez libre pour pouvoir enfin communiquer simplement, toujours dans un cadre strict, bien sur, mais c'est une condition nécessaire, et suffisante, pour le coup; Il faut se cantoner à respecter les choses, la loi, l'ordre juste et bon, et la sainte police qui vous engueule à travers les micros placés dans les rues anonymes, ou par centaines, manifestants d'hier, esclaves potentiels de demain, nous défilons sans même penser que nous ne savons pas où.

Un jour, je volerai ...
Ou pas.





Par Glorfindel
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Jeudi 7 décembre 2006
HISTOIRE DE CURE

 

Un jeune curé, très angoissé, est incapable de prononcer un seul mot le jour de son premier sermon. Le lendemain il va voir l'archevêque et lui demande quelques conseils pour être à la hauteur au sermon du dimanche suivant.

 

L'archevêque lui conseille de se verser quelques gouttes de vodka dans un grand verre d'eau pour se sentir plus détendu. Le dimanche suivant, le jeune prêtre suit le conseil et réussit à parler sans être paralysé par le trac.

De retour à la sacristie, il trouve une lettre laissée par l'archevêque, ainsi rédigée :

 

 

Mon Fils,

La prochaine fois, mettez quelques gouttes de vodka dans un grand verre d'eau et non quelques gouttes d'eau dans la bouteille de vodka. D'autre part, je tiens à vous faire part des quelques observations suivantes, afin que vous amélioriez encore un peu vos prochains prônes.

1) Il n'est nul besoin de mettre une rondelle de citron sur le bord du calice.

2) Evitez de vous appuyer sur la statue de la Sainte Vierge et surtout, évitez de l'embrasser en la serrant étroitement dans vos bras.

3) Il y a 10 commandements et non pas 12

4) Les apôtres étaient 12 et non pas 7 et aucun n'était nain.

5) Nous ne parlons pas de Jésus Christ et ses apôtres comme de « JC & Co »

6) Nous ne nous référons pas à Juda comme à « ce fils de **** »

7) Vous ne devez pas parlez du Pape en disant « Le Parrain »

8 ) Ben Laden n'a rien à voir avec la mort de Jésus

9) Les murailles qui se sont effondrées au septième jour ne se trouvaient pas à Mexico mais à Jéricho

10) L'eau bénite est faite pour bénir et non pour se rafraîchir la nuque

11) Ne célébrez jamais la messe assis sur les marches de l'Autel

12) Ponce Pilate a dit « vos histoires je m'en lave les mains » et non «vos conneries, je m'en bats les couilles »

13) Les hosties ne sont pas des gâteaux à apéritif à consommer avec le vin de messe.

14) Les pêcheurs iront en enfer et non « se faire fou*** chez les Papous »

15) L'initiative d'appeler les fidèles à danser était bonne, mais pas celle de faire la chenille dans l'église.

16) L'homme assis près de l'autel et que vous avez qualifié de «vieille folle en jupe», c'était moi.

Sincérement,
L'archevêque.

PS : Jésus n'a pas été fusillé, mais bien crucifié.

 

 

Par Glorfindel
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Dimanche 11 mars 2007
J'adore !!!

Par Glorfindel
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Lundi 23 avril 2007

Pour une fois, au moins, on peut dire que la presse a servi à quelque chose. La présidentielle 2007 a connu un véritable engouement, amenant même certains canards à faire des éditoriaux beaucoup plus engagés que d'habitude. A noter, le poids du numéro spécial de Marianne spécial Sarkozy qui a eu pour effet, même si parfois l'article est presque trop caricatural, d'éloigner certains du vote petit Nicolas.


Charlie Hebdo, dans le même genre, n'est pas mal non plus

Quand on voit ce que le patron de l'UMP pense des journalistes, quand on voit le jeu qu'il mène avec eux, les traitant comme une cour docile, telle notre bon roi en son palais de Versailles. La photo du Monde daté du week end du premier tour de la présidentielle est à ce titre éloquent. On y voit Sarkozy, portant beau, jean et chemise rouge à carreaux, juché sur un cheval. Fier sur son destrier, le candidat apparaît serein, tranquillement porté par un canasson qu'il maîtrise. Limite on se croirait au Texas. A un détail près, nous ne sommes pas en Amérique, et ce n'est pas l'Open Range, mais bien l'inverse. La photo du Monde montre justement l'envers du décors, avec une montagne, au propre comme au figuré, de journalistes en train de photographier, de filmer le candidat de l'UMP.

Et tout cela veut paraître sincère. Il est doué, l'enfoiré, dans sa posture de communiquant. Si bien que quand Ségolène essaie de le battre sur le même terrain, elle ne peut pas rivaliser. Le discours en direct de Melle, au soir des résultats est une catastrophe : elle semble tendue, elle n'arrive pas à parler correctement, et le fond ne s'accorde pas avec la forme, bien trop grave pour un moment censé être plutôt joyeux.

Alors, face à cette débauche de communication, puisse la presse française conserver un semblant de liberté. Sans forcément tomber dans la caricature, mais il est vrai que c'est quand même vachement plus drôle. Et tant pis pour le nabot à 30 % qui prend les journalistes pour des serviteurs à qui il réclame l'hommage lige ...


Mais quand même, c'est drôle :o)

Par Glorfindel
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Mardi 19 juin 2007

Où il est question de sodomie et d'animaux ...
La SPA ne va pas apprécier, mais en attendant, c'est effectivement très drôle.

Par Glorfindel
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Vendredi 6 juillet 2007

On pourra dire ce qu'on voudra, ce mec est très fort. 
Qui ça ?
 Lui, là : 

Sarko-II.jpg


Vous vous rappelez ? Le même qui était à la Une de vos canards hier, avant hier ? Et les jours d'avant ? Et pendant les JT aussi ? Vous vous rappellez, le journal de TF1 en direct de l'Elysée ? Car il est président de la république, ce mec là. Pas banale, la fonction, en plus. Un certain prestige, même.

Bon.

Ceci étant dit, passons au centre de notre point de vue ; je ne fais pas confiance à Sarkozy. 
Laissez moi vous expliquer pourquoi, avant de me jeter à la gueule vos phrases d'anathème. Politiquement, je ne suis pas à même de le contester, ou même de discuter. Il est fort, trop fort pour moi, je préfère ne pas rentrer dans ce genre de polémique.
Que d'autres s'y attelent. Marianne et Charlie sont dans ce domaine assez en pointe, quoique leurs choix éditoriaux sont parfois un peu limite " c'est nous qu'on a raison et les autres sont tous des cons".

Bref, donc.

Je ne fais pas confiance à Sarko, parce que ce mec, qui est quand même le président de la république, soit la plus haute fonction de l'Etat, a plusieurs caractéristiques : 

- Il ne boit pas
- Il ne fume pas
- Il ne fait pas la fête
- Il se couche tôt

Corrolaire, il est en forme, en bonne santé, il est dynamique et efficace sur la scène nationale voire internationale.
Soit. 

Mais merde ! Comment faire confiance à un mec qui mange des mars, et préfère le coca au vin rouge ?
Suis-je à ce point anachronique ? Totalement à côté de la plaque ? Rétif aux valeurs du 21e siècle qui placent le travail et le sérieux en première ligne des piliers de la foi ?

On me dira : un mec qui a les codes nucléaires n'est pas forcé de se mettre la tête tout les soirs, c'est moyen côté crédibilité. On me dira aussi qu'il prend assez à coeur sa fonction pour sérieusement mettre de côté les plaisirs d'une vie d'homme pour être la tête dans le guidon. 

Et puis qu'on en a marre de tous ces gauchistes qui ne pensent qu'à fumer des joints là où le sérieux devrait gouverner. 
Le formel aussi. 
Le solennel, un peu. 
Le protocole, beaucoup. 
Le respect, quoiqu'il en soit. 

L'outrance, en tout cas, jamais. Ou seulement quand il s'agit de tomber dans le pathos et l'empathie pour de pauvres victimes, dans ce cas, il faut être outré, et dire qu'on va tout faire pour réagir


                                                                 

Sarko-III.jpg



                                                             "La politique, monsieur, c'est une outrance devenue vocation"
                                                                                            
  Ah, oui ... c'est sûr ...
                                                                    Bon, ben, s'cusez alors, j'ai du me gourer de porte.



Rester droit dans ses bottes, madame, monsieur. La fonction présidentielle n'est pas l'apanage d'un seul, c'est le peuple qui gouverne en son nom. Et le peuple souverain n'a pas envie de voir un tel spectacle. Les réjouissances, c'est pour lui. 

Enfin, quoique, le président tient tout de même à garder avec son peuple une image proche. Il doit regarder TF1, lui aussi. Il doit kiffer les seins de Tatianna, pareil. Et peut être qu'il envoie des SMS pour sauver le transexuel, si ca se trouve ... Ca serait en tout cas bien vu.

En parlant de ça, vous avez eu quoi, comme ressentiment, quand le 6 mai au soir vous avez vu Barbelivien, Bigard et Steevy place de la concorde ? Franchement, on nous aurait présenté la scène aux guignols, on aurait vachement rigolé. Remplacez les vrais par des marionettes, et bizarrement, tout le monde aurait saisi le grotesque du truc. Mais bon, voilà, là, c'était le réalité, et on ne badine pas.

Le pouvoir est revenu de Malte transfiguré, une bonne cure de Jouvence bien grasse, à la manière d'un gros beauf qui aurait gagné au loto , et qui voudrait s'offrir des vacances de riches ...
Mascarade ... putain de mascarade, et pourtant, qu'elles sont douces les sirènes pour nous endormir.
Il ne sert à rien de protester pour le principe, mais juste, sans doute, de rester vigilant.
Quand le parti de la communication à outrance est en premier plan, quand il devient délicat de discerner le vrai du faux, je préfère m'en remettre à l'instinct.

Oui, peut être, c'est débile, mais bon.
Et je vous dis, un mec qui ne boit pas d'alcool, qui préfère le coca, et qui mange des mars ... je le sens pas. Monsieur Tartuffe, je ne vous fais pas confiance.

Ok, ca vous fait une belle jambe, mais quand même !

Par Glorfindel
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