Une petite bouffée d'oxygène, qui ne sera pas sans rappeller l'en tête de ce blog, une petite bouffée d'oxygène donc, puisque voici une vidéo tirée d'un des deux one man show de Pierre Desproges : le sketch intitulé : "on me dit que des juifs se sont glissés dans la salle".
Il y aurait sans doute beaucoup, beaucoup à dire sur le sujet. Dans une France qui souffre, quand même, d'un manque singulier de liberté d'expression, voire de liberté tout court, il y eut, et il y a encore, quelques grandes gueules. Ceux d'aujourd'hui sont tout autant subversifs, mais simplement beaucoup moins médiatisés. Peur presque camouflée, ne pas choquer, respecter la croyance des autres. Ni plus ni moins qu'une ligne droite vers un truc totalement aseptisé, plus de saveur, en apparence au moins.
Car nous sommes tous profondément différents. Et nous sommes tous engoncés dans nos codes, à choisir notre manière de parler, de nous fringuer, et d'agir en fonction du contexte. Certains prennent plus de marge avec les conventions, d'autres s'y tiennent strictement : chacun a sa manière de voir les choses.
Mais s'il était juste un combat qu'il me semblerait juste de mener, c'est vraiment pour le droit à la différence. Ou même la nuance. Car n'y a t il pas autant de différence entre noir et blanc qu'entre blanc et blanc ?
Où je veux en venir ? C'est assez simple. En voulant tout respecter, en faisant l'apologie du consensus global, en taisant systématiquement le droit à la parole, qu'elle soient pour dire "j'aime pas", mais aussi pour dire "j'aime bien, mais", en se faisant le chantre du : "je suis pour la liberté d'expression, mais ...", on oublie cette nuée de différences qui a forgée nos cultures.
Il est trop téléphoné de reprendre ici la fameuse phrase de Voltaire : "je suis contre vos idées, mais je ferais tout pour que vous ayez la possibilité de les défendre".
Mais mine de rien, tout est dit.
Alors qu'ils continuent, les trouble fêtes, a avoir la possibilité de s'exprimer. Cela ne fera qu'enrichir le débat, cela ne pourra que rapprocher les gens entre eux, leur permettre de discuter, et de se construire. Laissons les nous faire rire, mais aussi nous faire peur. Et réagissons en citoyen éclairé, si on peut, avec un peu de recul. Et puis si en plus on peut se marrer ...
Ce n'est pas un sketch sur les juifs qui est choquant, c'est de s'offusquer ou de ne pas comprendre que ca puisse faire rire.
Et franchement, c'est dommage, parce que c'est super drôle.