Mardi 4 décembre 2007
Titre premier - De l’utilité du pauvre

De la composante du pauvre dans une société

De tout temps, il y eut des pauvres.
Ils sont là, c’est tout.
C’est comme l’univers, comme l’oxygène, ils existent. Et il est impossible de s’en débarrasser. Certains haut dignitaires allemands ont bien essayé, mais il n’y a pas à dire : il ne sert à rien, à l’instar de ce que l’on fait pour se débarrasser des nuisibles, d’utiliser des méthodes « choc » pour se débarrasser des pauvres, dans la mesure où ce sont encore des êtres humains, cela ne passe pas dans l’opinion.

De la description du pauvre

Il faut absolument aborder le sujet qui suit avec des pincettes.
Premièrement, parce que le pauvre est sale, deuxièmement, parce qu’il est sensible.
Point de contrevérités.
« Pauvre, qui est tu ? », demandait Jean Marie Bigard, ce grand philosophe des temps modernes. Son étude sociologique bien connu, notamment sous le nom de « Bigard met le paquet » ou « Bigard bourre Bercy », autant de noms qui confèrent au sublime, nous a largement inspiré dans la rédaction de la présente.

Le pauvre, bien souvent, n’a pas choisi de le devenir. Enfance morne, manque de vocabulaire, évocation branlante de la sensualité, désintérêt pour l’école l’ont presque systématiquement conduit à faire un BEP ou un CAP, qui de mécanique, qui de coiffure selon que le sujet soit mâle ou femelle.
(Quoique même chez les pauvres, il a été observé une caste androgyne … comme quoi)

L’histoire qui suit est finalement souvent la même et aboutit irrémédiablement : les moins moches des plus pauvres s’assemblent avec les plus moches des moins pauvres.
Mais ils restent toujours misérables.

De l’utilité du pauvre

Partant, quelle utilisation stratégique peut être faite de cette situation sociale ?
Le pauvre ne s’intéressant pas à la culture, n’ayant pas de recul sur le traitement l’information, tout occupé qu’il est à travailler, perd pied et oublie son rôle de citoyen.
Il devient ce qu’il convient d’appeler citoyen de réserve : mobilisable dès lors qu’on jugera utile d’en appeler à lui, mais à qui on demande expressément de se faire discret, le plus discret possible, sitôt qu’on n’en a plus besoin.

Ainsi, conséquence directe, le citoyen de réserve devient une unité de passivité active. Par définition, il ne se préoccupe que de lui, et sitôt que personne ne va attenter à ses intérêts personnels ou à ses ambitions (les uns et les autres ne sont de toute façon pas élevés), il ne fera pas de vague.

Le maillon de la chaîne sociale saute, et la prise en compte de l’intérêt particulier prime sur l’intérêt de la société. Toute la stratégie est donc là : pérenniser cet état de fait.

De la nature du pauvre

Comment ? En jouant sur la vile nature du pauvre, qui ne demande qu’à s’enrichir.
Au lieu de réfuter un modèle économique qui a fait sa perte, grevé son budget, nourri ses insomnies, et fait éclater sa vie de famille, il va tenter de s’en faire un allié.

A perte, évidemment, car le pauvre est pauvre par nature, et c’est toute la nature du pauvre.

Solutions et perspectives.

Outre les nombreuses mesures de contentions mises en place – publicité, télévision française 1, médias serviles – les auteurs de cette étude recommandent vivement :

- De ne pas refaire les erreurs du passé. Ni le gaz, ni le feu, ni la mitraille ne sont des solutions envisageables.

- De ne pas laisser le pauvre croire qu’un monde meilleur est possible sans qu’il n’y sacrifie une part de lui-même car le monde, c’est complexe, et tout le monde a bien compris qu’on avait besoin de réformes, et de toute façon, les réformes, on les fera.

- De poursuivre la politique éducatrice consistant à annihiler chez chacun toute curiosité pour l’autre, quelqu’il soit. (Si besoin d’une explication : ça file la chtouille.)

- De pousser les relations du politique au médiatique à un niveau supérieure, mais en fine intelligence. Il serait opportun d’augmenter les critiques contre l’état soviétique, tout en vilipendant de la part de tout journaliste toute velléité de changer quoique ce soit au conducteur.

La liste n’est pas exhaustive, et toutes les suggestions comme les initiatives seront bienvenus.

Conclusion

Loué sois le pauvre d’esprit

Par Glorfindel - Publié dans : Rien à voir ...
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